Poissy et Wassy

Colloque de poissy2Ce n’est pas parce qu’on ne respecte pas les traités qu’on n’est pas content d’en signer. Pour fêter dignement celui du Cateau, le roi de France accorda sa fille aînée à Philippe II d’Espagne. Et comme l’esprit de don Quichotte flottait toujours sur la cour de France, Henri II prit part au tournoi au cours duquel la lance du comte de Montgomery s’enfonça dans son œil, et il mourut (1559).

François II, n’avait que seize ans. Catherine de Médicis le convainquit sans peine de confier le pouvoir au duc de Guise, auréolé de sa gloire de vainqueur de Calais, et à son frère le cardinal de Lorraine. Ils poursuivirent sans ménagement la persécution des protestants, commencée sous François Ier après l’affaire des placards. Si bien que les protestants conçurent le projet d’enlever la famille royale pour la faire passer de l’influence des Guise à celle des Bourbons. Le complot fut éventé et le duc de Guise mit le roi à l’abri au château d’Amboise. Le prince de Condé fut condamné à mort, mais sauvé par la mort prématurée du roi (1560).

Charles IX n’avait que dix ans, et la régence revenait au premier prince du sang, Antoine de Bourbon. Mais la reine échangea son désistement contre la grâce du prince de Condé, son frère. Après bien des fluctuations, Antoine de Bourbon (c’est le père d’Henri IV) avait fini par opter pour le camp catholique. Néanmoins, le reste de sa famille étant protestant, son accession à la régence aurait été un atout pour le camp huguenot, et le signal d’un affrontement immédiat avec les Guise.

Devenue régente, Catherine de Médicis fit au contraire appel aux modérés des deux partis, et, sous l’égide du chancelier de L’Hôpital, fit réunir en colloque à Poissy des théologiens des deux confessions (1561). Mais les débats s’éternisèrent, si bien que la reine mère publia de sa propre autorité l’édit de janvier 1562, qui autorisait les protestants à célébrer leur culte publiquement, mais en dehors des villes, et à tenir des synodes.

Mais les protestants continuèrent à protester (c’est plus fort qu’eux). A Montpellier, ils firent fermer la cathédrale et chasser les prêtres. A Wassy, ils se contentèrent de célébrer leur culte dans la ville ; mais en violation de l’édit de janvier. Par malheur pour eux, le duc de Guise, seigneur du lieu, vint à passer par là et en massacra une bonne vingtaine. La reine mère, qui se trouvait à Fontainebleau, était presque séquestrée par les chefs du parti catholique. Si bien que Condé appela les protestants aux armes et s’empara d’Orléans.

Il y aura huit guerres de religion, cruelles comme sont les guerres civiles : il est en effet plus intéressant de massacrer des gens qu’on connaît que des inconnus. Mais les combattants bénévoles reçurent l’aide de mercenaires : les reîtres et les lansquenets allemands apportèrent une touche d’exotisme, sans oublier les troupes espagnoles (en famille, le roi d’Espagne étant le beau-frère du roi de France).

On a surnommé Catherine de Médicis « madame serpente ». C’est oublier un peu vite que sa politique eut toujours pour but de mettre fin aux guerres par la tolérance, et donc de soustraire le roi à l’influence prépondérante des Guise comme des Bourbons. Le chemin fut tortueux, mais le but ne changea pas.

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