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Cinq, quatre, trois, deux, un...

Bonaparte consul reduitSi l’on en croit la déclaration de 1789, « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. » Il faut en conclure que la prétendue constitution de l’an VIII, rédigée sous la dictée de Bonaparte, n’en était pas une. Le France était soumise à la dictature d’un seul homme, disposant de pouvoirs dont les rois n’auraient pas osé rêver (quoique...).

Les assemblées étaient trois : le sénat, dont les membres était nommés à vie et qui désignait les membres des autre assemblées, le tribunat, qui discutait les lois sans les voter, et le corps législatif, qui les votait sans les discuter. Et pourquoi pas quatre, puisque ces assemblées ne jouaient aucun rôle politique ? La quatrième assemblée était le conseil d’état, sorte de secrétariat au service du premier consul, puis de l’empereur.

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Sous le consulat comme sous l’empire, les élections ne servaient qu’à dresser des listes de notabilités parmi lesquels les membres des assemblées étaient piochés. Comme le scrutin se faisait sur des registres ouverts, voter contre le gouvernement revenait à s’inscrire soi-même sur la liste des opposants au régime, sans grand résultat puisque c’était les préfets qui décomptaient les votes et les rectifiaient au besoin, mais à une époque où les détenus politiques (2 500 en 1814) auraient rempli plusieurs Bastilles, sans compter les proscrits et les exilés.

L’ouverture du courrier et la copie des lettres devint une industrie prospère. La censure des journaux (à Paris, il n’en existait plus que quatre) et des théâtres était stricte, en France comme dans les pays occupés. L’empereur imposa à un clergé restauré, mais assimilé à un corps de fonctionnaires, un « catéchisme impérial ». La lecture du Bulletin de la grande armée fut obligatoire dans les écoles, les théâtres et les églises. Le monopole universitaire, décrété en 1806, transforma les professeurs en fonctionnaires et les lycées en casernes.

Mais cette dictature n’était que la continuation de celle qu’avaient exercée l’assemblée, la convention et ses comités, les cinq directeurs, les trois consuls et enfin le consul à vie que Bonaparte devint en 1802. Voilà pourquoi elle fut acceptée et servie par d’anciens révolutionnaires : Jourdan et Murat, anciens sans-culottes, devinrent maréchaux. Et Fouché, exterminateur de Lyon, ministre de la police… tout un programme !

L’essentiel était de ne pas toucher aux profiteurs des confiscations, détournements et pillages dont les biens nationaux n’étaient que la partie la plus visible. Profiteurs dont la famille Bonaparte, qui avait vécu de pensions sous la monarchie avant de spéculer sur les biens nationaux et les fournitures militaires, faisait partie. La liste civile de Napoléon s’élevait à vingt-cinq millions par an, dont il ne dépensait que quinze, si bien qu’en 1815 il possédait cent millions, ce qui faisait de lui le monarque le plus riche du monde ; il disposait en outre de quarante-sept palais et châteaux.

Pour devenir le syndic général des profiteurs, il fallait avoir volé et tué. Mais avoir fait couler le sang du peuple ne suffisait pas. Il manquait encore à Bonaparte d’avoir trempé les mains dans le sang des rois. C’est ce qu’il allait faire.

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