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L'Abominable Histoire de France

Lettres gothiques2bis

Ce blogue s’inspire librement des brèves chroniques prononcées dans l’émission Synthèse de Radio-Libertés à partir du 1er novembre 2016.

Pour le roi de Prusse

Succession d autriche reduitLa guerre de succession d’Autriche commença quand, dès la mort de l’empereur Charles VI, le roi de Prusse se jeta sur la Silésie. Pour ne pas être en reste, les armées françaises entrèrent en Allemagne sans déclaration de guerre pour soutenir les prétentions de l’électeur de Bavière (Wittelsbach) à la couronne impériale. Le maréchal de Belle-Isle prit Prague, et son candidat fut couronné en janvier 1742 sous le nom de Charles VII.

Marie-Thérèse fit front, soutenue par la Hongrie, dont elle était reine, et par l’Angleterre. Abandonnant la Silésie à Frédéric II, elle put chasser les armées franco-bavaroises de Bohême. Manque de chance pour la France, mais coup de chance pour la paix en Europe, Charles VII mourut. Marie-Thérèse put alors faire couronner son mari, le ci-devant duc de Lorraine, sous le nom de François Ier (1745). La succession impériale était résolue, mais un malheur s’était produit entre-temps : le cardinal de Fleury, mort en 1743, n’était plus là pour imposer la paix.

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Le style Fleury

FleuryLe seul fait notable du gouvernement du duc de Bourbon fut le mariage du roi. Pressé de marier celui-ci et d’assurer une descendance à ce jeune homme fragile, il renvoya l’infante (qui n’avait que sept ans) en Espagne et la remplaça en 1725 par Marie Leczinska, fil
le d’un roi de Pologne détrôné, et de sept ans plus âgée que Louis XV.

Mais, dès 1726, le duc fut renvoyé pour avoir voulu éloigner le précepteur du roi, Fleury. Celui-ci devint alors ministre d’état et cardinal, et premier ministre de fait. Il avait soixante-treize ans et resta au pouvoir encore dix-sept ans. Il rétablit les finances et œuvra en faveur de la paix intérieure et extérieure : c’est ce qui explique que son long ministère soit tombé dans un profond oubli.

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Bourbons contre Bourbons

Pontcallec3reduitOn l’a oublié, mais l’enfance de Louis XV fut une période pleine d’inquiétude. Ce roi qui allait régner soixante-dix ans était alors un enfant chétif. Que se passerait-il s’il disparaissait ? Le premier dans la liste de succession au trône était le duc d’Orléans, à qui sa qualité de régent donnait en outre un avantage décisif. Mais d’autres héritiers possibles étaient à la manœuvre.

Poussé par le cardinal Alberoni, Philippe V d’Espagne était en effet décidé à conserver ses droits sur la couronne de France ainsi qu’à reconquérir les anciennes possessions espagnoles d’Italie. Le prince de Cellamare, son ambassadeur, prit langue avec le duc du Maine en vue de renverser le régent. Le duc du Maine attisa la fronde des états de Bretagne contre le gouverneur de la province, le maréchal de Montesquiou. Si l’affaire réussissait, les troupes espagnoles pourraient en effet débarquer en Bretagne.

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Le système prend l’eau

QuincampoixLors de l’avènement de Louis XV, plus de deux années d’impôts étaient déjà dépensées, la dette dépassait les ressources fiscales : la banqueroute semblait inévitable, mais elle a des inconvénients : il est difficile d’emprunter ensuite. D’autant plus que les capitaux fuyaient vers la Hollande et l’Angleterre, fuite moins voyante que celle des forces vives provoquée par la révocation de l’édit de Nantes , mais non moins grave.

En 1716, le régent autorisa Law, financier écossais, à fonder une banque privée dont les actions étaient payables aux trois quarts en titres de créances sur l’état… dont les détenteurs n’avaient donc plus à être remboursés !

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Le testament de M. Pompe

RegentLe règne de Louis XIV s’était ouvert par un procès inique ; il se termina par une testament illégal. Le roi s’inquiétait de sa succession : le grand dauphin, le duc de Bourgogne et le duc de Berry moururent coup sur coup en 1711 et 1712 ; il ne restait plus qu’un enfant de quatre ans.

Mais comment ça ? Il y avait au contraire une foule d’héritiers bien vivants. Le roi avait encore un petit-fils : Philippe V d’Espagne. Et la maison de Bourbon comprenait encore les princes de Condé et de Conti. Mais il y avait surtout le duc d’Orléans.

Il est vrai que persécuter la maison d’Orléans (il y en eut plusieurs) était une habitude de la part des rois : Louis XI avait forcé le duc d’Orléans à épouser sa fille Jeanne, qui était contrefaite, espérant qu’il n’en aurait pas d’enfant. Il était pourtant second dans la liste de succession, et succéda en effet à Charles VIII sous le nom de Louis XII.

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Ras-le-bol absolu

Hiver 1709Le règne d’un roi, c’est d’abord une période de l’histoire. On ne peut certes pas tenir le roi pour responsable des terribles hivers de la fin de son règne, tel celui de 1709 au cours duquel la Seine gela de Paris jusqu’à son embouchure.Mais, à l’inverse, ce n’est pas Louis XIV qui a donné du talent aux écrivains et aux artistes. Le premier protecteur de Molière fut Foucquet, et Le Vau, Le Nôtre et Le Brun, premiers grands artistes de son palais, ont d’abord été les auteurs de Vaux. On peut d’ailleurs remarquer que, par la suite, les artistes qui édifièrent la gigantesque meringue peinturlurée de Versailles furent des plus médiocres, alors que les services du Bernin furent dédaignés.

La condition pour obtenir des subsides était de chanter les louanges du roi à longueur de journée. Tâche fastidieuse que La Fontaine, autre protégé de Foucquet, dédaigna. Tout est grand, et de plus en plus : en 1664, la fête des Plaisirs de l’île enchantée réunit six cents invités ; à la fin du règne, ils sont trois mille. Mais le grand siècle étouffe grandement sous cette pompeuse grandeur.

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Le soleil se couche

Louis xiv mort1reduitLe 25 août 1715, le roi fut atteint par la gangrène. On lui amena le futur Louis XV, à qui il déclara : « Mignon, vous allez devenir le plus grand roi du monde ! J’ai trop aimé la guerre, ne m’imitez pas en cela, non plus que dans les grandes dépenses. Prenez conseil en toute chose. Soulagez vos peuples, et faites ce que j’ai eu le malheur de ne pouvoir faire moi-même. »

Ces paroles sont contestées par les thuriféraires du grand roi. Mais ce n’est guère le défendre, car il faut lui faire crédit d’une fin chrétienne : « Dans les derniers temps, écrit Saint-Simon, il était uniquement occupé de Dieu, de son salut, de son néant. Il forma le spectacle le plus touchant : sentiment de ses péchés, confiance en Dieu… fondée sur sa miséricorde et sur le sang de Jésus-Christ. » Ce repentir et cette humilité n’étaient pas sans mérite, car le roi avait goûté toute sa vie « le poison abominable de la flatterie la plus insigne, qui le déifia dans le sein même du christianisme. Sans la crainte du diable, que Dieu lui laissa jusque dans ses plus grands désordres, il se serait fait adorer », et ajoute Saint-Simon, « il aurait trouvé des adorateurs ».

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Châteaux en Espagne

MalplaquetA la fin de la guerre de la ligue d’Augsbourg, Louis XIV s’était montré accommodant, car il tournait des yeux pleins de convoitise vers l’Espagne, dont le roi Charles II n’avait pas de descendant. Le truc qui avait servi lors de la guerre de dévolution servit une nouvelle fois : la dot de Marie-Thérèse n’ayant pas été versée, la clause de renonciation devenait caduque et les droits de feu la reine revenaient à un de ses descendants.

Les puissances européennes négocièrent le traité de Londres (1700), qui prévoyait un partage : à l’archiduc Charles, l’Espagne, les Pays-Bas et les colonies ; à la France, les possessions italiennes, en vue d’échanger le Milanais contre la Lorraine, Naples et la Sicile contre la Savoie. Tout cela était raisonnable et n’avait donc aucune chance d’advenir.

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De sac et de corde

Palatinat1reduitLes guerres de Hollande et de la ligue d’Augsbourg furent marqués par les deux sacs du Palatinat, qui se distinguent des exactions habituelles aux gens de guerre par le fait qu’ils ont été ordonnés par le commandement, et non le fruit de l’initiative individuelle.

Le premier sac du Palatinat fut ordonné par le maréchal de Turenne en 1674. Craignant d’être menacé en Alsace, il passa le Rhin à Philippsbourg dans l’espoir de battre les Impériaux avant que toutes leurs forces ne soient réunies. Mais il n’y parvint pas et, avant de se replier sur l’Alsace, il décida de pratiquer la politique de la terre brûlée, qui se fait d’habitude chez soi, mais cette, fois, ce fut chez les autres. En l’occurrence, chez le méchant électeur palatin qui avait eu le toupet de rompre son alliance avec le gentil roi de France pour rejoindre les méchants princes allemands… dont il faisait partie.

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Une paix envahissante

Augsbourg reduitAyant tenu tête à l’Europe coalisée contre lui, Louis XIV ne se sentit plus de joie, et se crut maître du monde. Il éplucha les traités de Westphalie et de Nimègue pour y chercher des motifs de guerre que les traités de paix recèlent forcément. Ils stipulaient en effet que les territoires cédés à la France l’étaient « avec leurs dépendances ».

En vertu de cette clause, et avec l’approbation des cours de justice française, il occupa donc le comté de Montbéliard, la Sarre et une partie du Luxembourg. Mais, faute de prétexte pour s’emparer de Strasbourg, il s’en empara sans aucun prétexte en 1681. Jalouse de son indépendance, cette ville libre avait refusé d’accueillir une garnison impériale. Mal lui en prit ! Et l’Alsace fut ainsi « rattachée » à un royaume dont elle n’avait jamais fait partie.

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